La sensibilisation, des actions pour rapprocher l’école des producteurs et de leurs enfants... autant d'initiatives qui visent à freiner le travail des enfants dans les plantations. 

Laurent Bailly, secrétaire général adjoint de la Fédération des coopératives de cacao  à Abengourou, explique que "des coopératives se cotisent entre elles pour pouvoir construire des écoles à Manzanoua par exemple. Mais il y a aussi le Conseil régional qui vient en aide à des villageois pour construire des écoles. De temps en temps, la mairie également apporte son appui. Et nous avons aussi la Bad (Banque africaine de développement) qui donne des moyens à l’Etat de Côte d’Ivoire pour pouvoir construire des écoles. Il y a même une école Bad à Lobikro. Chez nous, le travail des enfants n’existe pas".
préciset-il.

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Des producteurs de cacao travaillant dans une exploitation

Des producteurs de cacao travaillant dans une exploitation

Une pratique qui persiste

En dépit des efforts entrepris pour éradiquer le travail des enfants, on constate que celui-ci persiste néanmoins dans les zones les plus reculées comme à Abengourou, petit village situé à seulement cinq kilomètres de la frontière ivoiro-ghanéenne. 
Bamba Cheick Abdallah a 15 ans, il est en classe de sixième. Grâce Valentine est pour sa part âgée de douze ans et est en quatrième. Lorsqu’ils n’ont pas cours, ils accompagnent leurs parents pour travailler dans les plantations. 

"Je vais souvent aux champs pour travailler. Je nettoie et puis je plante les bananes et le cacao. Je charge aussi le cacao. Quand on a fini de cabosser, on charge pour mettre ça dehors", explique Bamba.

"Au champ, je nettoie les herbes et puis souvent quand on cabosse le cacao, je porte ça sur la tête jusqu’au village", précise pour sa part Grâce.

Pour certains producteurs de cacao, le travail des enfants dans les exploitations est juste un apprentissage

Pour certains producteurs de cacao, le travail des enfants dans les exploitations est juste un apprentissage

Juste un apprentissage

De retour en ville, nous rencontrons Bernard Kouakou, producteur de cacao et membre du conseil d’administration d’une coopérative. Confronté aux cas de Bamba et Grâce, celui-ci affirme qu’à Abengourou et dans le milieu agricole, on ne considère pas cela comme du travail d’enfants. Pour lui, la participation des enfants aux travaux agricoles dans un cadre familial est un apprentissage au métier de la terre. 

"Ça me fait parfois rire quand j’entends que les enfants travaillent dans nos cacaocultures. Le travail de la cacaoculture est très pénible. Donc je vois mal quelqu’un qui va laisser son enfant faire un travail qui peut nuire à son avenir. Quelqu’un qui est consciencieux ne peut pas s’amuser à utiliser son enfant dans la cacaoculture", réagit-il.
Pour mieux protéger l’avenir des enfants, il semble donc important de s’assurer que cette entraide dans un cadre familial ne nuit pas au développement scolaire de ceux-ci.
Mais les enjeux économiques sont importants dans un pays qui est le plus grand producteur de fèves de cacao au monde et pour qui cette culture représente environ 22% de son PIB.

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